Marie Lys

«J’aime chanter. Pour moi, c’est le moyen d’expression le plus sincère et le plus profond. C’est aussi l’un des plus grands dons de soi ; on met son âme à nu, et l’on se sent vulnérable. Mais lorsque la communication fonctionne et qu’un lien puissant se crée avec le public, c’est un moment de pure magie.»

Biographie

Mes objectifs

«J’aime chanter. Pour moi, c’est le moyen d’expression le plus sincère et le plus profond. C’est aussi l’un des plus grands dons de soi ; on met son âme à nu, et l’on se sent vulnérable. Mais lorsque la communication fonctionne et qu’un lien puissant se crée avec le public, c’est un moment de pure magie. C’est pour ces moments-là que j’ai choisi de devenir chanteuse, et j’espère pouvoir en vivre le plus longtemps possible, en variant les styles et en alternant l'opéra, les concerts et les récitals, afin d'offrir au public de nombreuses facettes de ma personnalité.»

Biographie

Née à Lausanne de parents musiciens, Marie Lys (-Jaermann) a obtenu en 2014 son Master of Performance avec Distinction au Royal College of Music de Londres, où elle a poursuivi ses études au sein de l’International Opera School jusqu’en 2016 dans la classe d’Amanda Roocroft. Elle y a obtenu son Diplôme d’Artiste en Opéra. Auparavant, Lys a étudié dans les classes de Gary Magby et de Christian Immler à la Haute Ecole de Lausanne, où elle a obtenu son Bachelor en 2012 avec les félicitations du jury et le Prix du Meilleur Récital.

Ses concerts récents incluent le «Panis Angelicus» de Franck et le «Requiem» de Fauré sous la direction de Michel Corboz ainsi que «Le Roi David» d’Honegger sous la direction de Daniel Reuss aux Folles Journées de Nantes.

Elle a co-fondé en 2011 l’Ensemble Abchordis, dont le premier enregistrement, «Stabat Mater», composé exclusivement de musique inédite du 18ème siècle, a été publié par Sony DHM. Lys a également fondé le Duo Dalma avec le pianiste João Araújo, avec lequel elle s’est présentée au Wigmore Hall et dans d’autres salles londoniennes.

Ses prochains engagements incluent Artenice («Ormisda») au London Handel Festival et Adelaide («Lotario») au Göttingen International Handel Festival.

Répertoire

  • Opéra: Nanetta («Falstaff»), Adele («Die Fledermaus»), Lauretta («Gianni Schicchi»), Asteria («Tamerlano»), Galatea («Acis & Galatea»), Dalinda («Ariodante»)
  • Oratorio: «Messe en Ut mineur», «Requiem» et «Exsultate jubilate» (Mozart); «Die Schöpfung» et «Nelsonmesse» (Haydn); «Stabat Mater» (Dvorák); «Vespro della Beata Vergine» (Monteverdi); «Requiem» (Fauré)
  • Lieder et mélodies de Debussy, Fauré, Poulenc, Schumann, Schubert, Strauss, Wolf, etc.

Distinctions

  • 2016: Bourse du Drake Calleja Trust
  • 2016: Premier Prix du Concours Lies Askonas
  • 2016: Deuxième Prix du Joan Chissell Schumann prize
  • 2016: Prix du Public du Handel Singing Competition
  • 2016: Prix d’études du Pour-cent culturel Migros
  • 2015: Premier Prix du Göttinger Reihe Historischer Musik Competition avec l’Ensemble Abchordis
  • 2015: Prix d’études du Pour-cent culturel Migros
  • 2013: Bourse de la Fondation Dénéréaz
  • 2012: Bourse des Fondations Leenaards et Dénéréaz
  • 2011: Bourse des Fondations Friedl Wald et Colette Mosetti

CD

Presse

Toutes les croniques sont à retrouver sur le site web de Marie Lys: www.marielyssoprano.com

Chanter, c'est mettre son âme à nu

Talent du mois

1er juillet 2016, Katharina Nill

La soprano Marie Lys a récemment été récompensée pour la deuxième fois du prix d'études du Pour-cent culturel Migros. Elle nous parle du lien entre le chant, l'âme et le corps - et du grand écart entre sa Suisse natale et sa ville d'adoption, Londres.

Dans la cuisine d'une résidence étudiante à Londres, la jeune soprano Marie Lys est installée devant son écran d'ordinateur. «Il fait un temps typiquement londonien», raconte-t-elle et elle s'enroule plus encore dans un épais foulard rouge. Sa vie suit un rythme soutenu entre productions d’opéra, concours, auditions et concerts. Le prochain séjour dans sa Suisse natale est loin, l'interview est menée par Skype. Il y a seulement trois jours, Lys a gagné le premier prix lors du concours Lies Askonas. «J'ai été très surprise, d'autant plus parce que j'étais en petite forme ce jour-là.»

Du fin fond de la campagne à la métropole

Marie Lys a grandi dans le village de Goumoens-le-Jux dans le canton de Vaud, situé à mi-chemin entre le lac Léman et le lac de Neuchâtel. Avec humour, elle évoque l'ambiance très rurale de son lieu de naissance: «Quand je suis née, j'étais la 25ème habitante, aujourd'hui le village compte environ 40 personnes.» Ses parents étant des flûtistes professionnels, son frère et elle grandissent dans un environnement musical. Petite déjà, Marie Lys chantait tous le temps. «A cinq ans, j’ai commencé à jouer d’un instrument: le violon. Pourtant, après quelques années je me suis sentie frustrée. En parallèle, je chantais dans des chorales d'enfants et j'ai réalisé très vite que, pour moi, c'était une façon plus authentique et plus directe de faire de la musique.» Peu de temps après, elle a commencé à suivre des cours de chant à Genève ce qui fut également le moyen de découvrir la grande ville: «Le trajet pour aller à Genève durait deux heures et demie, c'était très excitant!»

Il a fallu quelques détours pour qu’émerge la véritable décision de devenir chanteuse. Après le gymnase, elle a fréquenté la Haute Ecole de Lausanne: «Du haut de mes dix-huit ans, j'étais le poussin. L'esprit de compétition qui régnait parmi les autres étudiants, plus âgés que moi, m'a déconcerté.» Elle finit par abandonner les études après cette première année de Bachelor et explore diverses activités, puis elle part au Canada pour huit mois où elle travaille dans un centre équestre. À son retour, Michel Corboz l’accueille à l’Ensemble Vocal de Lausanne. «Il a été très gentil de m’offrir cette opportunité, car après trois ans sans un seul cours de chant, je ne chantais probablement pas très bien!» Voyager avec l’Ensemble lui procure tellement de joie qu'elle réalise qu’elle doit sauter sur l'occasion et à 21 ans, elle décide de devenir chanteuse. Elle reprend alors ses études de musique à Fribourg, où elle obtient son Bachelor en 2012 avec les Félicitations du jury et le Prix du Meilleur Récital.

Un pied en Suisse

Lys souhaitant poursuivre ses études à l’étranger, son professeur l'encourage à postuler au Royal College of Music (RCM): «Il disait que ma voix plairait sûrement en Angleterre.» Ainsi fut-il. Aujourd'hui, Marie Lys est notamment vantée pour la rapidité et la stabilité de sa colorature. Après ses études de master, elle ajoute un «Artist Diploma» à l'Opera School du RCM. «Ça fait maintenant quatre ans que j'habite dans cette ville et je l'adore. Londres est devenue mon chez-moi.» Le vrai nom de Lys est Jaermann, un nom originaire de Suisse alémanique. «Beaucoup de gens ont de la peine à comprendre et à retenir ce nom un peu spécial, c’est pourquoi j’ai choisi le nom d’artiste Lys, plus simple et qui correspond mieux à mon origine francophone.»

Elle entretient un contact étroit avec la Suisse. Sur la longue liste des prix qu'elle a récemment gagnés figure également son deuxième prix d'études du Pour-cent culturel Migros grâce auquel elle intègre le placement de concerts de ce dernier. De plus, elle est représentée par une agence helvétique, ce qui fait augmenter les demandes de concert en Suisse. «Bien sûr, étudiant à Londres j'ai dû décliner plusieurs projets. Mais le plus important pour moi était de pouvoir faire mes études ici. J'ai appris énormément de choses et j’ai rencontré tant de personnes merveilleuses!» Les structures de la formation sont étroitement liées à la vie pratique qui attend les futurs professionnels. «It offers operatic training at the highest level for performers from around the globe, and many of the world’s leading singers have passed through our doors», promet le site internet.

Le chant, un tour de force

Marie Lys aime être «son propre chef» – actuellement elle a des dates jusqu’en février 2017. «Mais en tant que free-lance, on ne sait jamais comment et si ça va continuer. Il est prudent d’avoir des économies.» Même si elle se produit fréquemment, il lui arrive d’être nerveuse. «Surtout quand mes parents sont parmi le public ou quand un rhume est dans l’air…» Dans ces moments, il lui est utile de se fondre entièrement dans la musique, «d’être dans la musique». Physiquement, chaque présence sur scène est un tour de force. «Quand on est nerveux, les pulsations cardiaques augmentent et ça demande plus de respiration…Ainsi, parfois je ne peux plus chanter une phrase dans la même respiration qu’en répétition.» Avec sa franchise spontanée, elle raconte comment elle a appris au fur et à mesure de sa formation à mieux contrôler ses mains et sa gestuelle.

Pour se prémunir de ces défis physiques, Lys vit de façon très disciplinée. «Je ne fume pas, je ne bois pas. Si mes amis vont dans un bar bruyant, je préfère ne pas les suivre. J’essaye également de dormir au moins huit heures chaque nuit.» Elle résume tout ça sous le terme de «bonne hygiène de vie»: «J’ai appris à écouter mon corps et à connaître mes limites.» Pour ses voyages fréquents en avion, elle a trouvé un masque de respiration: «Il me permet de voyager en avion sans assécher mes voies respiratoires et de pouvoir chanter le jour même.»

Contrairement à d’autres sopranos qui se caractérisent souvent par de l’embonpoint, tout est délicat chez Lys. Elle est petite et très fine, ses clavicules sont bien visibles, son visage et son nez sont oblongs et minces. Les gens lui en font souvent la remarque, elle rigole: «Oui, je suis petite à tous les égards – et pâle, de surcroît! Mais je mange toujours à ma faim! Je connais bien des chanteuses très minces, et je pense que le cliché des sopranos à embonpoint va probablement disparaître dans les prochaines années.» Embonpoint ou pas, c'est chanter qui lui importe. «J’aime chanter. Pour moi, c’est le moyen d’expression le plus sincère et le plus profond. C’est aussi l’un des plus grands dons de soi; on met son âme à nu, et l’on se sent vulnérable.»

Des instants magiques

Dans les rôles de la «Galatea» et de la «Dalinda» de Handel, de l’«Adèle» de Strauss ou de la «Reine de la Nuit» de Mozart, mais aussi avec de nombreux concerts, Marie Lys a beaucoup voyagé: elle a notamment chanté au Buckingham Palace, au Wigmore Hall et au Kings Place à Londres, aux Opéras de Lausanne, d’Avignon et de Vichy, au dôme de Pise et aussi au Yomiuri Otemachi Hall à Tokyo. La représentation de la «Grande Messe en Ut mineur» de Mozart en février dernier, avec Michel Corboz et l’Ensemble Vocal et Instrumental de Lausanne à la Salle de Musique de La Chaux-de-Fonds, reste pour elle un moment inoubliable. «L’acoustique y est merveilleuse! Et de surcroît, j’ai eu le bonheur d’être accompagnée par ma maman qui jouait la flûte dans l’orchestre.»

Dans toute cette agitation, Lys tire beaucoup de joie et de force d’une constante stable: L'Ensemble Abchordis. Elle fait partie des fondateurs de cet ensemble de quatre chanteurs et neuf instrumentistes. «Nous nous sommes rencontrés lors de l’Académie baroque européenne d’Ambronay en 2011 et avons décidé de continuer à faire de la musique ensemble. Au fil du temps nous sommes devenus des amis très proches et nous restons toujours en contact. Nous interprétons de la musique sacrée italienne inédite de la période baroque, et notre premier enregistrement, «Stabat Mater», a été publié en janvier dernier par Sony Music. Il n’est pas toujours simple de trouver des dates et des lieux de répétition, parce ce que nous vivons éparpillés dans toute l’Europe…» Pourtant, ils semblent y parvenir. On pourra s’en faire une idée fin juillet dans la Chapelle des Haudères, dans le canton de Vaud.


Site-web avec des extraits de chant et des dates de concert de Marie Lys

Falstaff (Verdi): «Sul fil d’un soffio etesio»


Tamerlano (Handel): «Se non mi vuol amar»


«I Capuleti e i Montecchi» (Bellini): Oh! quante volte


«Chanson triste» (Duparc)